Jeudi 3 juillet 2008
4
03
/07
/2008
21:35
J'écris depuis que j'ai douze ans.
Un sentencieux a déclaré, quelque part, il y a un certain temps, que nous avons tous un lièvre derrière lequel on court sans vraiment vouloir l'attraper.
Une sorte de renoncement permanent, alimenté comme un feu de cheminée : ranimé d'une bûche quand les braises prennent le pas sur les flammes.
Je me demande souvent pourquoi ça, et pas les maquettes en allumettes ou le concert
Lépine ? C'est pas ce soir que vous aurez la réponse. Mais j'aime tellement lire, peut-être suis-je un mouvement d'appropriation de la source du plaisir, peut-être suis-je un saumon plutôt
qu'un canard.
Le problème, la douleur. Ces quelques phrases viennent de me prendre une bonne demi-heure (et je n'avais que vingt minutes, bon sang !). Faut que je m'arrache les mots. Je forcepse en
apnée, je me tords les boyaux de la tête. Parfois, un éclair de satisfaction formelle ou le plaisir d'enchainer quatre ou cinq phrases. L'inspiration après le souffle raccourci, du bois sur les
braises. Je flambe !
En vérité, dès que je commence à cogiter sur mon rapport à l'écriture, je sombre dans une méditation profonde, confuse et tourmentée. Je suis incapable de la dompter pour l'exposer avec clarté.
Néanmoins, plus je relis les trois paragraphes ci-dessus, plus je me dit qu'ils suffisent, que le reste ne serait qu'auto-exégèse. Et c'est un exercice aussi pénible à réaliser que fastidieux à
lire, croyez-moi.
Par M. Canard
0
-
Recommander
Commentaires