Jeudi 23 août 2007
Et pour terminer cette session d'été, une dernière citation de Murakami. La vie n'est pas dans les livres mais les remèdes à la vie, si.
Quelque part un écrivain a écrit ou est en train d'écrire ce que nous ressentons. Il le fait bien mieux que nous pourrions jamais espérer le faire. Et notre douleur parée des attributs de la
beauté, éprouvée par un semblable nous est soudain moins lourde à porter.
C'est ainsi que nous poursuivons nos existences, chacun de notre côté. Si profondément fatale que soit la perte, si essentiel que soit ce que la vie nous arrache des mains, nous sommes capables de continuer à vivre, en silence - même lorsqu'il ne reste plus de notre être qu'une enveloppe de peau, tant nous avons changé intérieurement. Etendant la main pour tirer vers nous la quantité de temps qui nous est allouée, nous sommes capables de la laisser ensuite filer en arrière sans rien faire. Répétant simplement les mêmes tâches, les mêmes gestes quotidiens - parfois avec une grande habileté. A cette idée, je sentis en moi un vide incommensurable.
C'est ainsi que nous poursuivons nos existences, chacun de notre côté. Si profondément fatale que soit la perte, si essentiel que soit ce que la vie nous arrache des mains, nous sommes capables de continuer à vivre, en silence - même lorsqu'il ne reste plus de notre être qu'une enveloppe de peau, tant nous avons changé intérieurement. Etendant la main pour tirer vers nous la quantité de temps qui nous est allouée, nous sommes capables de la laisser ensuite filer en arrière sans rien faire. Répétant simplement les mêmes tâches, les mêmes gestes quotidiens - parfois avec une grande habileté. A cette idée, je sentis en moi un vide incommensurable.
Haruki Murakami, Les Amants du Spoutnik (Supûtoniku no koibito) 1999
(Thx à Gino pour les Little Ones)
par M. Canard
publié dans :
Session Vertu
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